Ciné

Publié le 17 avril 2011 | par Mr Méchant

5

All That I Love


Punk-rock, état communiste, syndicat solidaire Polonais (Solidarność), années 80, tout est réuni pour faire de All That I Love un film culte, celui d’une génération perdue, dans une époque de changement pour la .
, 1981. Janek () est le leader d’un groupe de musique punk, All That I Love (WCK pour Wszystko, co kocham en version originale). Jeunes et sans influence, ils n’attireront pas l’attention des autorités, hormis celle de leurs parents, inquiets par ces paroles anti-communistes. Les temps changeant et le syndicat solidaire Polonais devenant imposant, leurs leaders seront traqués puis emprisonnés. Le père de la petite amie de Janek fait partie de ce syndicat, alors que le sien est militaire. Comment surmonter ce fossé qui les sépare ?


Le film puise son inspiration dans le punk, et il le fait bien. Mais comme une envie de se débarrasser des clichés, il nous présente rapidement le groupe pendant une répétition, puis leur sélection pour faire partie d’un festival, et ce dès la première demi-heure. Ensuite, le véritable fond social, politique et émotionnel se déploie, pour nous servir un récit profond, pertinent, et de grande envergure, centré sur le passage à l’âge adulte d’une bande de jeunes marginaux dans une , qui tout comme eux, subit des bouleversements importants. La était à cette époque profondément communiste, et c’est en hiver 1981, pour rétablir l’ordre, que le général Wojciech Jaruzelski déclarera la loi martiale, arrêtant notamment la plupart des leaders de ce syndicat dissident.
La grand-mère de Janek se meurt, il devient la cible d’un policier qui veut faire couper court à son groupe rebelle, sa petite amie le quitte, mais il ne baissera jamais les bras, soutenu par sa famille et ses amis, et mu par une force perpétuelle, symbole d’une jeunesse en pleine rébellion.
Toutes les scènes sont fortes et touchantes, déployant un vaste panel d’émotions, que ça soit l’amour, la haine, la colère, ou le désarroi, qui vous prennent aux tripes, sans jamais non plus sombrer dans le mélodramatique, et sans cesse soutenues par une photographie resplendissante, ainsi qu’une mise en scène et des acteurs d’une justesse sans faille. S’ajoute également une bande-originale somptueuse, composée par Daniel Bloom, auteur inconnu, si ce n’est pour le travail qu’il avait fait sur Tulipany.


Bref, All That I Love, s’il se révèle être un socio-politique, garde malgré tout son fond punk, qui tout en nous montrant les devants de la scène, nous dépeint également un contexte passionnant, et ce pour mieux nous faire comprendre l’implication qu’ont ces jeunes dans leur musique, leurs motivations, et surtout son importance — un exutoire, mais aussi, et surtout, une arme pacifiste. Une véritable ode à la liberté d’expression, de penser et d’aimer. Les paroles du groupe sont simples, « Je ne veux pas encore mourir, la seule pensée montant au ciel: ce dont nous avons besoin, du pain ! » et reflètent la pauvreté et le mal de vivre d’une jeunesse qui envie les pays capitalistes qui s’en sortent bien mieux — tout du moins selon l’image qui leur était renvoyée.
Pour conclure, les amoureux de musique engagée mêlée à un fond de réflexion seront aux anges, tout comme ceux auxquels l’idée de suivre l’évolution de jeunes d’une en pleine révolution intéressent. Les allergiques aux guitares électriques et grosses caisses n’auront rien à craindre, la bande-son étant majoritairement menée par une musique classique des plus plaisantes, rien de rébarbatif, en somme.
Mention spéciale à , surnommé le « James Dean polonais », taillé pour ce rôle d’une simplicité complexe. Son style plait, il s’implique dans son rôle, communiquant parfaitement rage, désinvolture et passion. Un grand BRAVO.

All That I Love Mr Méchant

En bref...

4.5


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A propos de l'auteur

Fan d’Uwe Boll et Paul W.S. Anderson. Aime à l’occasion oublier les nanars pour regarder du vrai cinéma comme celui de Robert Parrish, Franklin J. Schaffner ou Rudolph Maté, de la bonne sci-fi tu vois, pas du singe teubé.



  • Lol, tu fais les affiches comme moi maintenant? 😀

    • Non j’ai fais une exception pour cette critique, elles sont pas mals, et puis ça faisait partie du DP :p

  • Jul

    Ton article est super intéressant et bien écrit. J’ai aussi beaucoup aimé ce film, une grande révélation à tous les niveaux, c’est vraiment dommage qu’on en ait aussi peu parlé alors que plein de gens sont allés voir des films comme Goodbye Lenin ou Les chats persans.

  • Où peut-on l’acheter?

    • Mr_Mechant

      Toujours pas de distribution dvd par chez nous, il va falloir continuer d’attendre… 🙁

Genre : Comédie, Drame, Music
Réalisation : Jacek Borcuch
Scénario : Jacek Borcuch
Bande-originale : nc
Durée : 95 min
Année de production : 2009
Sortie pays d'origine : 15/01/2010
Sortie française : 13/05/2009
Certification US : nc
Certification FR : nc
Budget : nc
Box-Office : nc
Production : Canal+Polska, Telewizja Polska - Agencja Filmowa, Prasa i Film
Récompenses : 5 victoires & 8 nominations.
Pays : Pologne
Site Web : nc
Langue originale : Polonais
Titre original : All That I Love
Distribution : Mateusz Kosciukiewicz, Olga Frycz, Jakub Gierszal, Andrzej Chyra
Synopsis : La Pologne. Printemps 1981. L'époque est à la contestation. Quatre amis qui n'aiment rien tant que gratter leurs guitares et martyriser les fûts de batterie créent un groupe. Leur passion ? Le rock. Le punk rock, plutôt : Anarchy ! No future ! Et tous ces slogans revigorants… Dans les rues, le syndicat Solidarité de Lech Waleza déclenche des grèves massives. L'époque est à la répression. Et le punk rock n'est pas très bien vu des autorités...
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All That I Love - Bande-annonce VOST

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