Action

Publié le 31 décembre 2012 | par Mr Méchant

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Dredd

A-Team

17 ans, c’est à peu près le temps requis avant de relancer une licence mise à mal par une bobine ridicule. Certains auront été plus rapide, comme Christopher Nolan avec Batman, probablement car malgré Batman Forever et Batman & Robin la figure emblématique était plus facile à ramener à la vie qu’un flic impitoyable issu d’un comic-book vendu à beaucoup moins d’exemplaires.
Qu’on se le dise tout de suite, Pete Travis, le réalisateur, a voulu faire un produit « à l’ancienne ». Nous baignons en pleine SF façon années 80 où personne ne se met d’entraves lorsqu’il s’agit d’user de violence, contrairement au remake de Total Recall, laid et aseptisé. Ça ressemble au Total Recall de 90, au Robocop 87, au Commando de 85, bref à tout ce qui gicle et que l’on regrette amèrement. Autre stupéfaction, la direction artistique n’a pas fait comme tout ce petit monde qui se copie dans tous les sens en balançant des lens-flares bleus comme si c’était une balise « lens-flares bleus = film de SF ». De ce côté on a plus l’impression de voir District 9, y’a du sable, il fait chaud, les blocs sont crades, pas étonnant, les deux bobines ont été tournées en Afrique du Sud, bref Mega City One en jette.
Ça a de la gueule, et bien que le trailer nous faisait craindre d’incessants ralentis façon Zach Snyder, il n’en est rien, l’effet n’est utilisé que lors d’une fusillade, où les renégats utilisent d’une drogue, la « slowmo », qui leur fait voir la vie façon Sucker Punch. Fusillade qui est d’ailleurs l’occasion de nous annoncer clairement l’orientation gore du film; si vous aimez voir des katanas découper au ralenti des oignons ou des pastèques sur youtube, vous adorerez voir moult organes vitaux être déchiquetés par des balles fusant à 1% de leur vitesse réelle.

Mega-City-One

C’est sûr, y’a des ratés, enfin un pour être précis, la séquence d’introduction, qui nous présente le Juge lors d’une course poursuite. Problème, sa moto est recouverte d’un blindage qui fait toc, gênant le conducteur plus qu’il ne l’aide. Puis notre héros tue des gars qui le méritent, donc non seulement on n’apprend rien sur sa psychologie, mais en plus ça ne met pas assez en avant ce côté « loi abusive », qui est justement l’aberration dont l’œuvre se nourrit. Il faut finalement attendre l’arrivée de sa coéquipière, Anderson (), là pour poser les états d’âme, et même si elle ne les exprime pas toujours, sont montrés par le biais de ses visions. On pourrait se limiter à simplement regarder cette bobine comme si c’était un jeu-vidéo (l’évolution niveau par niveau rappelle beaucoup le jeu-vidéo Die Hard, où la progression était similaire, étage par étage), mais les points d’éthique sont toujours posés aux bons moments, sans transformer non plus la bobine en pamphlet démocrate, faisant du spectateur lui-aussi un « Juge »; dans un monde ravagé où tout le monde vit dans des blocs bondés, applique-t’on la loi avec des sentences de mort distribuées comme des baffes, ou tente-t’on de pousser l’humanité à se serrer les coudes et aller elle-même à l’encontre des incivilités ? L’Homme d’aujourd’hui aurait tendance à choisir la seconde réponse, mais Dredd est un produit dystopique, l’humanité, une fois arrivée à son apogée, en reviendra à ses instincts animaux et les derniers remparts contre l’anarchie totale seront les Juges.
Dredd n’est donc pas seulement un bon film d’ comme il en manque trop en salles, c’est aussi un film à l’ancienne, divertissant tout en apportant des éléments de réflexion, et se voudrait même par moment être un remake non officiel de Robocop (Dredd reprend même le « You have 20 seconds to comply » de l’ED-209 !), on y retrouve une gestuelle, une façon de s’exprimer, une violence sans limite, et une coéquipière qui semble être le garde-fou d’une machine déshumanisée. L’honneur de la licence Dredd est donc lavé, quelque chose que l’on attendait depuis longtemps, malheureusement le public a répondu absent, la bobine ne remboursant pas la moitié de son budget (d’où son annulation dans nos salles et sortie direct-to-video). Et dire qu’on va avoir le droit à un Avengers 2… Il faudrait clairement un Juge pour remettre de l’ordre dans tout ça…

Boum !

Dredd Mr Méchant

En bref...

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A propos de l'auteur

Fan d'Uwe Boll et Paul W.S. Anderson. Aime à l'occasion oublier les nanars pour regarder du vrai cinéma comme celui de Robert Parrish, Franklin J. Schaffner ou Rudolph Maté, de la bonne sci-fi tu vois, pas du singe teubé.



Genre : Action, Science-fiction
Réalisation : Pete Travis
Scénario : Alex Garland
Bande-originale : Paul Leonard-Morgan
Durée : 95 min
Année de production : 2012
Sortie pays d'origine : 21/09/2012
Sortie française : nc
Certification US : R
Certification FR : nc
Budget : 50.000.000$
Box-Office : 41.037.742$
Production : Rena Film, DNA Films, Reliance BIG Entertainment, IM Global, Peach Trees
Récompenses : 2 victoires & 14 nominations.
Pays : Afrique du Sud, Royaume-Uni, États-Unis, Inde
Site Web : nc
Langue originale : Anglais
Titre original : Dredd
Distribution : Karl Urban, Rachel Wood, Andile Mngadi, Porteus Xandau
Synopsis : Dans un avenir proche, les États-Unis ne sont plus qu’un immense désert irradié. Mega City One est une métropole tentaculaire rongée par le vice. La seule forme d’autorité restante est représentée par les juges, une police urbaine qui cumule toutes les fonctions : flic, juge et bourreau. Une nouvelle drogue se propage, la Slo-Mo, qui permet de percevoir la réalité au ralenti. Sa distribution est contrôlée par Ma-Ma, ancienne prostituée, devenue baronne de la drogue. Dredd, le juge ultime, va se voir assigner une mission dans les environs de la tour de Ma-Ma et va devoir s’y confronter.
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Dredd - Bande-annonce VF

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