Ciné

Publié le 19 avril 2011 | par Mr Méchant

0

L’Etrangère


, jeune actrice autrichienne, nous livre ici son premier film. S’attaquant au style combat de femme dans un milieu ethnique oriental, elle ne commence pas sa carrière de réalisatrice avec un sujet facile. Le traitement en est-il à la hauteur ?
Umay () vit en Turquie, avec Kemal (), son mari, ainsi que leur jeune fils, Cem () et sa belle famille. Kemal étant violent avec eux deux, et la famille ne réagissant pas, elle décidera de s’enfuir en Allemagne, chez ses parents. La situation déshonorant sa famille, ils la rejetteront, et elle devra s’en sortir par elle-même, tout en élevant de son fils.


Partant d’une idée quelque peu usée, mais somme tout intéressante, notamment pour son côté choc des cultures, on attendait beaucoup de cette production allemande qui a cumulé récompenses et nominations. Mais comme beaucoup de films dans ce cas, il arrive qu’ils ne soient récompensés et mis sur un piédestal qu’uniquement parce qu’ils regorgent d’arguments démagos et non parce qu’ils sont vraiment bons. Un film réalisé par une femme, qui parle de violences conjugales, d’une mère qui se bat pour son fils, qui plus est dans une communauté musulmane, des ingrédients qui font mouche à tous les coups.
Malheureusement, si la réalisation s’avère propre, la technique bien maîtrisée, et les acteurs parfaits et particulièrement bien choisis, le traitement se montre en revanche creux et sans véritable but, si ce n’est tenter de nous faire pleurer. Chaque scène est là pour vous tirer des larmes, à tel point que l’on a l’impression de sentir Madame Aladag à côté de nous, nous observant en attendant patiemment que l’on sanglote. Pas de bol, trop de mélodramatique tue le mélodramatique, à tel point que l’on se détache de cette mère et de son fils, le nombre d’embûches ne cessant de se multiplier façon Loi de Finagle et ne nous donnant aucun espoir quant à leur avenir. Si Love Story d’Arthur Hiller ou encore Breaking The Waves de Lars Von Trier se montraient larmoyants, c’est parce qu’ils le faisaient bien, et donnaient au final un côté vraiment plombant, or ici, n’en déplaise à certains, la dernière scène m’a fait éclater de rire, tellement on sentait Madame Aladag désespérée, sortant une artillerie lourde, clichée au possible, et voulant être sûre de nous faire éclater en sanglots, au cas où on ne l’aurait pas fait précédemment.


Bref, L’Etrangère n’est pas un beau combat de femme, ou alors celui de , utilisant avec facilité d’éléments démagos afin de faire parler d’elle dans les médias et festivals. La mère qu’elle dépeint est idiote et irresponsable, cumulant les erreurs (emmener son gamin à une teuf, rester dans la même ville que sa famille, et s’exposer elle et son fils aux représailles de son frère violent) et autres provocations, toujours devant les yeux de son fils (en particulier lorsqu’elle retourne DEUX fois aux festivités du mariage de sa soeur, sachant pertinemment que son frangin va lui en mettre une). D’ailleurs il n’y a que très peu de moments joyeux dans le film, or pour faire partager la douleur de protagonistes il faut les voir un minimum heureux, car comme on dit « le miel n’est pas le miel sans le vinaigre ». Certes tout n’est pas à jeter, certaines scènes ayant leurs effets (celle de la bagarre du frère notamment) et Madame Aladag dirigeant ses acteurs à la perfection, mais l’on aurait aimé quelque chose de plus substantiel, surtout avec un sujet aussi difficile. N’est pas Debra Granik qui veut.
Pour conclure, les amateurs de films dont l’ambiance est larmoyante de A à Z devraient se montrer réceptifs, les autres quant à eux risquent de s’ennuyer, l’implication du spectateur étant bien trop mince, et ils auront tout aussi bien à faire que de se plonger dans Leonera ou Down To The Bone, dont le fond et la forme étaient bien mieux traités.
Mention spéciale pour , sublime, et apportant beaucoup, mais qui aurait mérité un rôle plus profond, ne lui demandant pas de tirer la gueule ou pleurer constamment (merci pour l’épique giclée de morve).

[rating:4]

L’Etrangère Mr Méchant

En bref...

2


Note visiteurs: 0 (0 votes)

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , ,


A propos de l'auteur

Fan d’Uwe Boll et Paul W.S. Anderson. Aime à l’occasion oublier les nanars pour regarder du vrai cinéma comme celui de Robert Parrish, Franklin J. Schaffner ou Rudolph Maté, de la bonne sci-fi tu vois, pas du singe teubé.



Genre : Drame
Réalisation : Feo Aladag
Scénario : Feo Aladag
Bande-originale : nc
Durée : 119 min
Année de production : 2010
Sortie pays d'origine : 28/01/2011
Sortie française : 20/04/2011
Certification US : UNRATED
Certification FR : U
Budget : nc
Box-Office : nc
Production : WDR
Récompenses : 30 victoires & 12 nominations.
Pays : Allemagne
Site Web : nc
Langue originale : Allemand, Turc
Titre original : When We Leave
Distribution : Sibel Kekilli, Nizam Schiller, Derya Alabora, Settar Tanriögen
Synopsis : Pour protéger son fils de son mari violent, Umay, une jeune femme turque d?origine allemande, quitte Istanbul et retourne vivre dans sa famille à Berlin. Mais les membres de sa famille, prisonniers des valeurs de leur communauté, ne l?accueillent pas comme elle l?espérait. Umay est obligée de fuir à nouveau pour épargner le déshonneur aux siens.
Voir la fiche IMDb
Metascore

Galerie photo


L'étrangère - Bande-annonce VOST

Loading the player...

L'étrangère - Extrait 1 VOST

Loading the player...

L'étrangère - Extrait 2 VOST

Loading the player...

L'étrangère - Extrait 3 VOST

Loading the player...
Revenir en-haut ↑
  • La vilaine pub

  • Notre Instagore

    Something is wrong. Response takes too long or there is JS error. Press Ctrl+Shift+J or Cmd+Shift+J on a Mac.
  • Facebook

  • Vidéo du mois

  • Commentaires récents

  • Voilà ce qu’on aime…

    57 deathgasm-Front 2-Lava-2-Lantula-Front 2-Lava-2-Lantula-Team
  • Derniers articles