Drame

Publié le 9 mai 2011 | par Mr Méchant

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Rêves et cauchemars (Nightmares and Dreamscapes: From the Stories of Stephen King)

Episode 1. Petits soldats (Battleground)


Un voleur professionnel se rend dans une demeure pour dérober un jouet rare. Tuant le confectionneur, et s’en allant avec son butin, il recevra peu après une mystérieuse caisse chez lui. Dedans, des petits soldats de plastique, des jouets inoffensifs, mais seulement en apparence.
King s’amuse avec le et nous livre une guerre improbable et pourtant captivante. Notre homme se retrouve attaqué de toutes parts par ces petits soldats, qui en plus d’avoir des fusils qui n’envoient que de minuscules mais douloureux projectiles, ils possèdent également une artillerie relativement lourde. Un obus, même d’un demi centimètre, ça peut faire très mal quand on le prend en plein visage. Dotés d’engins de toutes sortes, c’est aussi contre des hélicoptères qu’il devra lutter, transformant tout ceci en un rude combat. Bénéficiant de moyens relativement importants, la réalisation ne faillit jamais. Les personnages sont parfaitement incrustés et criant de vérité, et l’on aura même droit à des prises de vues à l’intérieur des hélicos, offrant une immersion encore plus intense. Qu’on ne se trompe néanmoins pas, il n’est pas question ici de faire peur, mais surtout de distraire, l’action primant sur le côté . King réussit son pari, et nous sert un produit palpitant, illustrant d’une manière inédite les façons dont peuvent être faites les vengeances. On aura évidemment du mal à prendre tout cela au sérieux, la chose nous rappelant trop Small Soldiers ou le jeu vidéo Army Men, mais qu’importe, ici c’est le divertissement qui compte, pas le sérieux ni la crédibilité. A noter que le rôle principal est tenu par l’excellent , acteur chevronné, qui a gagné un Oscar et a cumulé tout un tas d’autres nominations.

Episode 2. Crouch End (Crouch End)


Un couple de jeunes mariés sont en voyage en Angleterre pour leurs noces. Invités pour dîner chez un ami du mari, ils devront se rendre dans un quartier de Londres appelé « Crouch Hill ». Tombant d’abord sur un taxi qui prendra peur et refusera de les y emmener, un second acceptera, les mettant en garde contre le passé de ce quartier, particulièrement obscure, celui-ci ayant été fondé sur les charniers des sacrifices que pratiquaient les druides.
Le gros atout de cet épisode c’est d’avoir pour second rôle féminin la superbe Claire Forlani, alias la copine de Brad Pitt dans Rencontre avec Joe Black. Pour le reste, l’oeuvre s’avère peu aboutie, le côté charnier maudit nous rappelant Simetierre, malgré l’absence d’indiens ou d’enfant ramené à la vie. L’épisode se traîne un peu, et bien que le quartier se montre de plus en plus bizarre, trop confus pour que nos protagonistes puissent s’enfuir, et que le mari devienne de plus en plus incohérent, la sauce ne prend pas, et ne révélera finalement qu’un léger potentiel durant ses dernières minutes, et surtout lors de sa chute, car c’est là que tout réside. Quoiqu’il en soit, si l’intérêt d’une oeuvre réside dans sa finalité, il faut un minimum de matière pour tenir le spectateur en haleine, et ce afin qu’il tienne jusqu’au bout. Il y avait un début, il y avait une fin, mais au milieu on a que des hallucinations et autres manifestations curieuses, mais sans effet, dommage, surtout quand on a Madame Forlani qui est de la partie.

Episode 3. La Dernière Affaire d’Umney (Umney’s Last Case)


Clyde Umney est détective privé, et dans son métier, c’est le meilleur. Il résout toutes les affaires, tombe les femmes, et la moindre personne qui vient lui poser des problèmes, il lui vole dans les plumes. Un véritable personnage comme on en trouve dans les polars noirs des années 40. Mais tout changera pour lui lorsqu’un homme, paraissant être son jumeau, lui expliquera qu’il est écrivain, et que toute son existence n’est qu’une fiction. Lassé par sa vie et la mort de son fils, il décidera de réécrire la réalité afin d’échanger leurs vies.
, habitué aux rôles de faible ou de timide, trouve ici une occasion de camper deux personnages diamétralement opposés, et ainsi prouver qu’il est capable de porter les deux casquettes. Comme souvent, le personnage principal est un écrivain, et l’on sent la volonté de Stephen King de nous expliquer, bien que cela soit fictif, à quel point l’on peut s’imprégner des protagonistes que l’on crée, afin de presque les incarner, et se servir de ces vies par procuration comme exutoire afin de fuir une réalité devenue trop dure. La plupart des répliques du détective sont hilarantes, Macy nous les servant de façon magistrale, et il réussit aussi bien à nous restituer un homme désemparé qui veut voler une vie, ainsi que celle d’un autre qui voit la sienne lui être progressivement arrachée sans qu’il ne puisse rien y faire. Probablement l’un des meilleurs épisodes de la série, il nous sert un récit aussi distrayant qu’intelligent, mettant en avant un certain mal de vivre de la part de l’auteur.

Episode 4. Le Grand Bazar : finale (The End of the Whole Mess)


Deux frères, unis comme les doigts de la main, bien que cinq ans les séparent, ont fait les 400 coups ensemble. Le plus jeune, particulièrement brillant, se mettra dès son enfance à inventer toutes sortes de choses, toutes plus ingénieuses les unes que les autres. Adulte, il continuera sans cesse de faire des recherches, jusqu’à découvrir comment rendre les abeilles calmes au point de ne pas piquer. Etudiant le problème, il découvrira que toutes les formes de violence chez l’être humain peuvent être annihilées, il fera un test sur une petite région, où les gens deviendront tous aimables et magnanimes. Son frère, éberlué, le mettra en garde sur les effets secondaires que peuvent avoir tous les médicaments. Faisant fi, et soutenu par le gouvernement, il vaporisera sa solution dans l’atmosphère, faisant de la Terre un monde paisible, mais comme son frère l’avait prévenu, il y a toujours des effets secondaires.
Raconté entièrement par son frère via une caméra et toutes sortes de flashbacks, l’histoire se montre particulièrement captivante, le spectateur s’interrogeant sur le devenir de l’humanité. Mais King s’intéressait à autre chose en nous narrant cette histoire, il voulait s’attaquer au dur sujet des inventions faites pour aider l’homme et qui se sont révélées négative. Le radium, l’énergie atomique, l’hydrogène, toutes sortes d’inventions ou découvertes sans cesse détournées, et finalement très loin des idéaux qu’avaient pu avoir les chercheurs. Autre point auquel voulait s’attaquer King, la nature de l’homme. Si l’on peut effectivement le rendre doux comme un agneau, ceci engendre des effets secondaires inattendus, nous prouvant qu’on ne change pas comme ça des millions d’années d’évolution. King fait une nouvelle fois mouche, et nous sert encore quelque chose d’intelligent et abouti.

Episode 5. Quand l’auto virus met Cap au Nord (The Road Virus Heads North)


Un écrivain d’épouvante à succès apprend qu’il a un cancer. Allant faire un tour pour se changer les idées, il tombera sur un vide grenier où sont vendus des tas d’objets, mais son attention s’arrêtera sur une toile particulièrement effrayante, composée par un jeune adulte s’étant suicidé. Il l’achètera, mais poussé à s’en débarrasser par ses proches, il essaiera, mais même après l’avoir coulée ou brûlée, elle reviendra inlassablement auprès de lui, et les victimes d’un mystérieux tueur ne cesseront de s’empiler.
Tout comme le second épisode, celui-ci s’avère plutôt bateau. Une toile maudite, un écrivain du Maine, un tueur revenu de l’au-delà, bref on nage en plein déjà-vu, et l’on connaît évidemment très rapidement la finalité vers laquelle nous embarque King. Dommage, car il y avait dans le rôle principal , qui bien qu’il ait été absent du cinéma depuis pas mal d’années, reste un acteur de talent, et l’on aurait aimé quelque chose de plus conséquent. Un épisode qui ne mène à rien, qui loupe le côté intimiste de l’écrivain, et qui se montre très décevant.

Episode 6. Quatuor à cinq (The Fifth Quarter)


Un homme, emprisonné depuis 7 ans, est libéré et peut enfin retrouver sa femme et son fils. En liberté conditionnelle, il sera par malchance visité le soir même de sa sortie par son meilleur ami, qui mourra dans ses bras, en lui racontant qu’il a l’un des quatre morceaux d’une carte au trésor, et que pour avoir le butin il devra aller reprendre les trois restants à ceux qui ont tenté de lui dérober le sien. Bien décidé à venger son ami et récupérer le butin, malgré les risques, il s’embarquera dans une nuit qui lui semblera éternelle.
N’espérez ni rêves ni cauchemars ici, car nous nageons en plein polar. Mais Stephen King et polar ne rime pas forcément avec qualité, preuve en est avec cet épisode, car s’il est sympathique à regarder, ne sort guère des sentiers battus de la vengeance entre gangsters et la débâcle pour savoir qui pourra s’approprier le butin. Comme avec l’épisode précédent on se doute de la fin, mais malgré tout on tient jusqu’au bout, et ce grâce aux présences bien vues de (co-tête d’affiche de Broken Arrow et Pump Up The Volume, à chaque fois avec Christian Slater) et de (Thirteen, Six pieds sous terre), ainsi qu’un rythme plutôt soutenu. On aurait aimé quelque chose de plus profond et plus original, mais force est de constater que si King sait se montrer bien plus inspiré lorsque les aventures prennent place dans les milieux carcéraux, il l’est en revanche beaucoup moins lorsque ses personnages en sont à l’extérieur.

Episode 7. Salle d’autopsie quatre (Autopsy Room Four)


Un homme est amené dans une morgue, mais tandis que les légistes s’apprêtent à procéder à son autopsie, ils ne sont pas au courant qu’il est toujours en vie, conscient, mais paralysé suite à une morsure de serpent. Terrorisé à l’idée de ce qu’il va lui arriver, ayant toujours des sensations, il redoutera l’instant où les scalpels l’entailleront, tout en se remémorant son passé, et espérant qu’enfin il puisse leur donner un signe qui leur montrera qu’il est toujours en vivant.
Un des meilleurs épisodes de la série, ça n’était pourtant pas la nouvelle la plus facile qu’ait eu à écrire King. Car s’il est facile d’en écrire les premières et dernières lignes, il faut trouver matière à tenir le lecteur (ou le spectateur dans le cas présent) en haleine, afin que celui-ci ne soit pas tenté d’aller directement à la fin. King trouve toute une multitude de rebondissements tous plus ingénieux les uns que les autres, prolongeant le calvaire de notre héros, ainsi que l’angoisse du spectateur, mais aussi le sursis jusqu’à ce qu’il puisse peut-être enfin s’en sortir. D’ailleurs il n’y a pas ici d’acteur vraiment connu pour la simple et bonne raison que l’oeuvre s’avérait à elle seule suffisamment surprenante pour pas que la production ait eu besoin d’avoir recours à un faire valoir. On reconnaîtra tout de même la tête de , vu des tas de fois dans des téléfims (‘Il’ est revenu) et (Au-delà du réel), mais c’est tout. King signe donc ici l’une de ses meilleures histoires, qui n’ennuie pas une seconde, et cramponne le spectateur à son fauteuil jusqu’au dénouement final.

Episode 8. Un groupe d’enfer (You Know They Got a Hell of a Band)


Un couple parti en vadrouille à la campagne s’égare, jusqu’à apercevoir une bourgade sortie de nul part, baptisée Le Paradis du Rock’n’Roll, paraissant vivre des dizaines d’années en arrière, à l’époque de Little Richard ou Buddy Holly. Bien que la femme soit contre l’idée de se rendre dans ce lieu paraissait étrange, l’homme lui, passionné par cette époque et ce style musical, la poussera à le suivre. D’abord paradisiaque, toutes sortes de personnes auront l’air suspectes, ressemblant traits pour traits à ces anciennes stars décédées. Sont-ce elles ou des sosies ?
Comme souvent, Stephen King nous livre une nouvelle qui s’inspire d’une époque qui lui était chère, celle de son enfance. Malheureusement, si la démarche aurait pu se montrer saluable, elle se révèle être bien plus proche du ratage que de l’hommage. Ça patine pendant une longue période, puis enfin l’on découvre la ville, et ensuite ça patine encore, avant de finalement déboucher sur un n’importe quoi sans queue ni tête, et surtout dénué d’intérêt. Tout comme l’épisode précédent le début et la fin étaient simples à écrire, mais en revanche dans le cas présent c’est le vide quasi total dans son milieu, nous ennuyant au lieu de nous pousser à nous poser des questions. On appréciera néanmoins les sosies plutôt bien trouvés, ainsi qu’une reconstitution des décors plutôt convaincante, mais c’est bien là la seule chose que l’on pourra retenir de cet épisode. A noter que l’acteur principal, Steven Weber, est un habitué des adaptations de King, puisque l’on a déjà eu l’occasion de le voir dans la série Shining (il y joue le rôle de Jack Torrance) ainsi que le téléfilm Désolation.

Pour conclure, si certains épisodes se montrent assez moyens, ils sont contrebalancés par la présence d’autres qui sont à eux seuls des perles à voir absolument. Le casting de la série s’avère globalement de qualité, regorgeant d’acteurs de talents, tout comme la réalisation qui fait honneur au maître et arrive même à sa détacher du style téléfilm qu’ont ses adaptations télévisées. Les fans seront comblés, et tiendront là une mini-série qui leur est vivement recommandée, les autres adaptations n’étant pas toujours du même acabit.

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A propos de l'auteur

Fan d’Uwe Boll et Paul W.S. Anderson. Aime à l’occasion oublier les nanars pour regarder du vrai cinéma comme celui de Robert Parrish, Franklin J. Schaffner ou Rudolph Maté, de la bonne sci-fi tu vois, pas du singe teubé.



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