Ciné

Publié le 28 septembre 2012 | par Mr Méchant

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Space Time L’ultime odyssée

William Eubank ça ne vous dit peut-être rien, et pour cause, Love est sa première bobine, qu’il écrit et réalise pour le compte d’Angels & Airwaves (souvent appelé AvA), groupe qui s’est brillamment illustré sur la scène musicale avec son album Love. Et pour ceux qui ne connaissent pas AvA, son fondateur est Tom DeLonge, ex-leader du groupe Blink 182, qui depuis a changé diamétralement de direction, laissant tomber le punk californien pour autre chose, bien plus artistique. L’annonce d’un film du même nom était non seulement un fan-service immanquable, mais de cette bobine s’est aussi produit un gros succès critique, notamment en festivals (SBIFF, FanTasia, AIFF, Sitges…), car personne ne pensait qu’Eubank avait dans sa valise autant de créativité et d’intelligence.
Il faut dire que les produits cinématographiques dérivés d’albums ont une affreuse tendance à n’être que des bidules clipés n’enchainant que bêtement les pistes audios tout en y superposant des images rarement pertinentes, or ici c’est l’inverse ! Le son d’AvA est bien présent, mais à peine, n’utilisant les instruments qu’avec parcimonie et jamais la voix du leader. Ça porte le nom de l’album, la jaquette ressemble à celle de l’album, mais en réalité nous sommes en face d’une oeuvre totalement indépendante et disposant de sa propre raison d’exister. Quelle meilleure illustration pour un film dont le sujet est justement l’existence ?

Bercée dans la métaphysique et l’onirisme, la bobine s’oriente bien plus rapidement sur l’être humain, son existence, l’amour, creusant le puits sans fond qu’est l’ontologie. Pour cela nous avons notre hamster, un astronaute dernier Homme sur Terre (mais dans l’espace), bloqué dans la station ISS, réfléchissant à ce qu’est sa propre vie, en plus de celles passées grâce à un manuscrit narrant l’histoire d’un milicien, tout en passant par une multitude de stades du refus de la situation. Euphorie, folie, dépression, réflexion, abandon, notre hamster ne baisse jamais les bras, tandis que la bobine est entrecoupée d’images d’Hommes se livrant bataille (guerre de Sécession, Irak).
Eubank a le talent du vieil homme obsédé de narration que l’on voit témoigner à plusieurs reprises, c’est un conteur, et il arrive à nous absorber dans son pamphlet, distillant questions et vérités, tout en les illustrant d’images toutes plus chatoyantes les unes que les autres. Il faut dire que pour une production atteignant tout juste les 500.000 dollars il arrive à nous sublimer avec une photographie aboutie, notamment lors des batailles défilant au ralenti, de même que lors des plans spatiaux, conclus par quelque chose d’assez superbe, rappelant Mission to Mars et The Fountain.
Love, rebaptisé pour l’occasion Space Time L’ultime odyssée (ce que le film n’est d’ailleurs absolument pas, mais les voix du commerce sont impénétrables, et ça n’est pas la jaquette française ressemblant à du vomi qui nous contredira), est une grande oeuvre, un poème, un message d’espoir et de paix, une bouffée d’amour dans un monde où ce sentiment s’étiole, en plus d’être une violente gifle lancée au visage du nihilisme, car même si l’humanité n’a pas de but précis, celui-ci se concrétise lorsqu’elle fait preuve d’amour.

Space Time L’ultime odyssée Mr Méchant

En bref...

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A propos de l'auteur

Fan d'Uwe Boll et Paul W.S. Anderson. Aime à l'occasion oublier les nanars pour regarder du vrai cinéma comme celui de Robert Parrish, Franklin J. Schaffner ou Rudolph Maté, de la bonne sci-fi tu vois, pas du singe teubé.



  • franchement nul, 1h40 de vie perdu à cause d’un film chiant,trop copier sur 2001

    c’est se foutre du spectateur…

    • Mr_Mechant

      Faut vraiment avoir compris aucun des deux films pour oser les comparer…

      • Nicolas Bonin

        Faut vraiment pas avoir d’arguments pour invoquer le redoutable : « Moi j’ai mieux compris que toi, nananère. »

        Oui ce film multiplie les emprunts à 2001. Le mélange du passé (où se produit la première rencontre) avec le futur où se noue le contact, les scènes planantes, la visite de l’immeuble vide, jusqu’au costume de l’astronaute à ce moment là et son passage sur le lit…

        Seulement voilà, Arthur Clark, quand il a écrit son roman avait une vision du monde et quelque chose à raconter, du coup le film de Kubrick raconte plusieurs histoires celle de l’affrontement homme-machine, celle du dessein intelligent et ne se contente pas d’aligner de belles images.

        Là, c’est un verbiage sans fin pour démontrer que l’amour c’est bien. Les sophismes ne font pas la philosophie.

Genre : Drame, Science-fiction
Réalisation : William Eubank
Scénario : William Eubank
Bande-originale : nc
Durée : 84 min
Année de production : 2011
Sortie pays d'origine : 07/09/2012
Sortie française : 05/11/2011
Certification US : NOT RATED
Certification FR : nc
Budget : 500.000$
Box-Office : nc
Production : Angels & Airwaves
Récompenses : 2 victoires.
Pays : États-Unis
Site Web : nc
Langue originale : Anglais
Titre original : Love
Distribution : Gunner Wright, Corey Richardson, Bradley Horne, Nancy Stelle
Synopsis : Après avoir perdu contact avec la Terre, l'astronaute Lee Miller se retrouve piégé en orbite tout seul à bord de la station spatiale internationale. Le temps passe et sa vie devient difficile à soutenir, Lee se bat afin de rester sain d'esprit - et tout simplement de rester en vie. Dans son monde, il a une claustrophobe et isolée existence, jusqu'à ce qu'il fasse une étrange découverte à bord du complexe...
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Space Time L'ultime odyssée - Bande-annonce VO

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