Ciné

Publié le 5 juillet 2015 | par Mr Méchant

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Eat

Sept millions d’américaines souffrent de troubles de l’alimentation, mais pas comme cela. Un postulat sur lequel repose Eat, premier long-métrage de la part de . On y suit Novella McClure (Maggie Maddock), une actrice dans la trentaine qui a trois mois de loyer de retard et dont le pseudonyme ne lui vaut que des appels pour des rôles pornographiques, ce qu’elle se refuse à faire. L’autre problème de Novella c’est que sa meilleure amie lui bouffe la vie, tout comme sa propriétaire, des hommes tentent de la violer, et finalement, après une plaie au doigt, elle sera prise d’incontrôlables fringales la poussant, dans un état de transe, à se dévorer elle-même. Une chose est sûre, si vous craignez le cinéma extrême, vous risquez de voir vos yeux se révulser. Certes si l’on fait défilé image par image on voit très bien que c’est du chiqué, en lecture le montage est suffisamment bien découpé pour que tout cela paraisse crédible, en plus d’apporter une dynamique cohérente avec ces instants voraces. Il va donc sans dire que ceux qui sont venus pour voir quelque chose de vraiment répugnant en auront pour leur argent. Un couteau à double tranchant puisque Eat a quand même beaucoup de choses à dire, or son pitch privera une partie du public d’une véritable oeuvre cinématographique.

Vous connaissez l’expression « se ronger les sangs » ? Si tel est le cas voici la parfaite illustration de cet état d’inquiétude extrême, dont la métaphore tourne autour du sentiment d’être inquiet au point d’avoir le sentiment de s’arracher des bouts de chair. On y trouvera non seulement un triste constat sur la vie d’une américaine moyenne, mais aussi un hommage particulier à toutes ces actrices qui passent leur vie à faire des castings et dont en n’entendra jamais parler.
Point également non négligeable, Eat réussit à faire rire. Non pas à gorge déployé, mais Novella, de par son état, se retrouve obligée d’inventer toutes sortes d’excuses improbables, lorsqu’elle n’a pas à cacher une marre de sang à sa propriétaire qui veut absolument rentrer pour s’assurer que tout va bien.
Là où Eat pèche quelque peu en revanche c’est dans sa réalisation qui par moment fait affreusement indigente. C’est simple, tous les passages en discothèque paraissent artificiels et empêchent de les apprécier pleinement, ce qui est dommage, car certains moments sont cruciaux au déroulement de l’intrigue.
Pour finir, il aurait été idiot de ne pas souligner l’interprétation de Meggie Maddock, qui bien qu’elle paraisse légèrement hésitante par moment, réussit à habiter totalement son personnage, en particulier lors d’une scène de casting où elle récite son texte avec maestria.
Eat est une bobine étonnante, probablement ce qu’aurait dû être Black Swan, allant beaucoup plus loin dans sa métaphore de la vie qui vous dévore. Bien plus qu’un énième métrage extrême, Eat est avant tout un giallo où sang, jeux de caméra et montage stylisés nous rappellent l’avénement de ce type de cinéma. Une oeuvre brute, mais excellente.

Eat Mr Méchant

En bref...

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A propos de l'auteur

Fan d'Uwe Boll et Paul W.S. Anderson. Aime à l'occasion oublier les nanars pour regarder du vrai cinéma comme celui de Robert Parrish, Franklin J. Schaffner ou Rudolph Maté, de la bonne sci-fi tu vois, pas du singe teubé.



Genre : Drame, Horreur, Thriller
Réalisation : Jimmy Weber
Scénario : Jimmy Weber
Bande-originale : nc
Durée : 92 min
Année de production : 2014
Sortie pays d'origine : 05/07/2014
Sortie française : nc
Certification US : nc
Certification FR : nc
Budget : nc
Box-Office : nc
Production : nc
Récompenses : nc
Pays : Etats-Unis
Site Web : nc
Langue originale : Anglais
Titre original : Eat
Distribution : Nate Bakke, Elena Chin, Robyn Ashley Dennis, Mindy Faulkner
Synopsis : Novella McClure est dans la même situation que la plupart des jeunes comédiennes qui veulent percer à Hollywood : elle vient de dépasser la trentaine, son nom d’artiste n’est plus trop dans le coup, et elle n’a pas décroché un rôle depuis trois ans. L’argent hérité de son père, mort tragiquement lorsqu’elle était petite, lui a permis de tenir jusque-là, mais cet argent commence à manquer. La manie qu’a alors Novella de se ronger furieusement les ongles quand elle est stressée et sous pression peut alors devenir une bien dangereuse manie…
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